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TL;DR : réponse rapide
Une refonte de site web coûte de 1 000 € pour un simple habillage à 60 000 € pour une plateforme e-commerce, et compte 6 à 12 semaines. Ce qui casse n’est presque jamais le design : c’est l’adressage. Sur notre propre site, un relevé a trouvé 5 304 impressions parties sur une version en double, 2 662 dispersées entre deux écritures de la même adresse, et 2 500 sur douze pages devenues introuvables.
Pour qui cet article
Vous avez un site qui tourne, il vous gêne, et quelqu’un vous a proposé de le refaire. Vous devez décider si la refonte est la bonne réponse, combien y mettre, et surtout quoi exiger pour ne pas perdre ce que le site actuel vous rapporte déjà.
À retenir
- Une refonte se chiffre par ce qu’on refait, pas par le nombre de pages. Habillage seul, 1 à 3 k€. Refonte technique, 3 à 8 k€. Refonte structurelle, 8 à 20 k€. Plateforme e-commerce, 15 à 60 k€.
- Le risque n’est pas esthétique, il est dans les adresses. Trois défauts d’adressage sur un seul site représentaient 10 466 impressions dispersées ou perdues.
- 62 % des clics peuvent partir sur une version du site que personne ne surveille. C’est ce qu’a montré notre relevé du 6 octobre 2026 : la version avec www était indexée en parallèle de la version sans.
- Le plan de redirections se pose avant la mise en ligne, pas après. Et il se vérifie après, parce qu’un cache en bordure peut servir l’ancienne réponse pendant des jours.
- La reprise du contenu est le poste le plus souvent oublié du devis, et celui qui fait déraper le calendrier.
- Refaire un site qui convertit est une mauvaise idée. Si le problème est l’acquisition, la refonte ne le règle pas et remet le référencement en jeu.
Ce qu’une refonte casse réellement
La plupart des guides de refonte parlent de maquettes, de tendances et d’expérience utilisateur. Ce n’est pas là que les projets échouent. Ils échouent sur l’adressage : quelles adresses existaient, lesquelles existent encore, et ce qui arrive à quelqu’un qui tape l’ancienne.
Un site vivant a accumulé des adresses pendant des années. Des pages créées pour une campagne, des variantes d’une même page, des adresses partagées dans des courriels et des documents. Au moment de la refonte, personne n’en a la liste complète, parce que personne ne l’a jamais écrite. On refait le site à partir de ce qu’on voit dans le menu, et tout le reste disparaît en silence.
Voici ce que ça donne concrètement. Les chiffres qui suivent viennent de notre propre site, relevés le 6 octobre 2026 dans Search Console sur les seize mois précédents. Nous les publions parce qu’ils sont vérifiables et parce qu’aucun guide ne montre les siens.
Le site indexé deux fois
Une adresse avec www. et la même sans sont deux sites différents pour un moteur de recherche, tant qu’on ne lui dit pas le contraire. Sur notre site, les deux étaient indexées. Quinze adresses en www captaient 512 clics et 5 304 impressions, contre 316 clics pour la version sans. 62 % des clics partaient sur une version que personne ne suivait, et dont les statistiques n’apparaissaient dans aucun tableau de bord consulté.
La correction tient en une redirection permanente de l’une vers l’autre, et en une balise canonique cohérente. Encore faut-il s’être posé la question. Google documente cette consolidation dans sa page sur les adresses en double.
Le slash final, qui crée des jumeaux
/contact et /contact/ sont deux adresses. Si le serveur répond aux deux sans en désigner une principale, le moteur voit deux pages identiques et répartit l’autorité entre elles. Notre relevé a trouvé treize paires de ce type, portant ensemble 2 662 impressions. Aucune n’avait été remarquée, parce que le site s’affiche parfaitement dans les deux cas.
Les pages de l’outil précédent
Notre site avait été construit sur un autre outil avant d’être refait. Douze pages de cette époque recevaient encore des visites : des pages de campagne, une page de prise de rendez-vous, des pages de témoignages. Ensemble, 2 500 impressions et 44 clics, tous arrivant sur une erreur. La page de prise de rendez-vous à elle seule totalisait 1 007 impressions.
Personne ne les avait redirigées parce que personne ne savait qu’elles existaient encore. Elles ne figuraient dans aucun menu, aucun plan de site, aucune note de reprise.
Combien coûte une refonte
Le prix d’une refonte ne dépend pas du nombre de pages mais de ce qu’on refait réellement. Les quatre familles ci-dessous recouvrent la quasi-totalité des demandes.
| Ce qu’on refait | Prix | Durée | Ce qui est inclus |
|---|---|---|---|
| Habillage seul | 1 000 à 3 000 € | 2 à 4 semaines | Nouvelle apparence sur la structure et les contenus existants. Aucune adresse ne change. |
| Refonte technique | 3 000 à 8 000 € | 4 à 8 semaines | Socle refait, performance, sécurité, plan de redirections. La structure des pages est conservée. |
| Refonte structurelle | 8 000 à 20 000 € | 6 à 12 semaines | Nouvelle arborescence, contenus repris ou réécrits, adresses modifiées, redirections complètes. |
| Plateforme e-commerce | 15 000 à 60 000 € | 3 à 6 mois | Catalogue, stocks, paiement, comptes clients, reprise des commandes passées. |
Le poste qui manque presque toujours dans ces fourchettes est la reprise du contenu. Reprendre deux cents pages, les relire, les réécrire et les remettre en forme représente souvent plus de travail que le développement. Sorti du devis au moment de la signature, il revient en urgence trois semaines avant la mise en ligne, et c’est à ce moment-là que les calendriers cassent. Nous détaillons la même mécanique sur les prix d’un site neuf dans notre grille complète.
Le plan de redirections, concrètement
C’est la pièce qui sauve le référencement acquis, et c’est la plus mal faite. Voici comment on le construit.
- Lister toutes les adresses qui existent, pas celles du menu. Trois sources, à croiser : l’export des pages de Search Console sur seize mois, le plan de site actuel, et le journal du serveur. Chacune contient des adresses que les deux autres ignorent.
- Garder celles qui reçoivent quelque chose. Une adresse avec zéro impression sur seize mois n’a pas besoin de redirection. Une adresse avec mille impressions en a besoin même si elle ne vous plaît plus.
- Associer chaque ancienne adresse à une nouvelle, page par page. Rediriger tout vers l’accueil est la faute classique : un moteur traite une redirection massive vers l’accueil comme une page introuvable déguisée.
- Poser des redirections permanentes, de code 301. Une redirection temporaire indique au moteur de garder l’ancienne adresse, soit l’inverse de ce qu’on veut.
- Vérifier après la mise en ligne, pas avant. Et vider le cache de diffusion ensuite, pas avant : un cache vidé puis rempli par l’ancienne version annule le travail.
La documentation de Google sur le déménagement de site avec changement d’adresses décrit la procédure côté moteur. La signification exacte du code 301 est documentée chez Mozilla.
La checklist du jour de bascule
| À vérifier | Comment | Si c’est faux |
|---|---|---|
| Les redirections répondent | Tester vingt anciennes adresses à la main, dont les cinq qui recevaient le plus | Le trafic acquis tombe en quelques jours |
| Aucun blocage d’indexation résiduel | Lire le fichier robots et chercher une balise noindex sur les pages construites | Le site disparaît des résultats, parfois pour des semaines |
| Le plan de site est à jour et soumis | Le déposer dans Search Console et vérifier qu’il ne contient que des adresses à 200 | Les nouvelles pages mettent des mois à être découvertes |
| Les formulaires arrivent | Envoyer un vrai message et vérifier la réception, pas seulement le message de confirmation | Vous perdez des demandes sans le savoir |
| La mesure d’audience tourne | Vérifier qu’une visite est comptée, sur une page interne et pas seulement l’accueil | Vous ne pourrez pas prouver que la refonte a marché |
| Le cache de diffusion a été vidé | Après le déploiement, jamais avant | Les visiteurs voient l’ancien site pendant des heures |
Quand il ne faut pas refaire son site
Une refonte remet le référencement acquis en jeu. Elle ne se justifie que si le site est réellement le problème. Dans trois cas fréquents, il ne l’est pas.
- Le site convertit mais reçoit peu de monde. Le problème est l’acquisition, pas le site. Une refonte ne crée pas de demande, et le relevé que nous avons publié sur nos propres chiffres le montre bien : un site peut être premier sur des requêtes que personne ne tape.
- Le site vous déplaît mais vos clients s’en accommodent. Demandez-leur avant. Un site daté qui inspire confiance vaut mieux qu’un site moderne qui ne dit pas ce qu’on y vend.
- Vous changez de prestataire et on vous propose de tout refaire. C’est parfois justifié, souvent commode. Lisez d’abord ce que vaut l’existant, c’est l’objet de notre article sur le changement de prestataire.
Ce qu’il faut exiger dans le contrat
Trois clauses qui ne coûtent rien à demander avant de signer, et qui coûtent cher à réclamer après.
- Le plan de redirections est un livrable, écrit et validé par vous, pas une tâche implicite.
- Le dépôt du code est à votre nom dès le premier jour, avec l’historique complet. Le sujet est traité en détail dans notre article sur la propriété du code source.
- Un relevé de positions avant et après, sur les mêmes requêtes et aux mêmes dates. Sans mesure avant, personne ne pourra dire si la refonte a aidé ou nui.
Et si vous en êtes au choix du prestataire, nos critères sont détaillés dans comment choisir une agence de développement web.
Questions fréquentes
Combien coûte une refonte de site web en 2026 ?
De 1 000 € pour un simple habillage à 60 000 € pour une plateforme e-commerce. La refonte la plus courante, dite structurelle, se situe entre 8 000 et 20 000 € et dure 6 à 12 semaines. Le prix dépend de ce qu’on refait, pas du nombre de pages.
Une refonte fait-elle perdre son référencement ?
Pas en elle-même. Ce qui le fait perdre, c’est l’absence de plan de redirections. Chaque ancienne adresse qui recevait des visites doit pointer vers une nouvelle page équivalente, par une redirection permanente de code 301. Rediriger tout vers l’accueil revient à ne rien rediriger.
Combien de temps dure une refonte ?
Entre 2 et 4 semaines pour un habillage, 6 à 12 semaines pour une refonte structurelle, 3 à 6 mois pour une plateforme e-commerce. Ces durées supposent que le contenu est prêt. La reprise des contenus est le poste qui allonge le plus les calendriers.
Faut-il garder les mêmes adresses de pages ?
Oui quand c’est possible. Une adresse qui ne change pas n’a besoin d’aucune redirection et ne perd rien. Ne changez une adresse que si la nouvelle structure l’impose, pas pour la rendre plus jolie.
Comment savoir quelles pages rediriger ?
En croisant trois sources : l’export des pages de Search Console sur seize mois, le plan de site actuel, et le journal d’accès du serveur. Chacune contient des adresses que les deux autres ignorent. C’est ainsi que nous avons retrouvé douze pages encore visitées dont plus personne ne connaissait l’existence.
Peut-on refaire un site sans perdre ses données clients ?
Oui, à condition de traiter la reprise comme un chantier à part entière, avec un contrôle de cohérence avant et après. Si des données personnelles sont concernées, les obligations d’information et de conservation s’appliquent au nouveau site comme à l’ancien ; la CNIL documente ces règles.
Glossaire
- Redirection 301 : réponse du serveur indiquant qu’une adresse a définitivement changé. Elle transmet au moteur l’essentiel de la valeur acquise par l’ancienne adresse.
- Balise canonique : indication placée dans une page désignant l’adresse de référence quand plusieurs adresses servent le même contenu.
- Cache de diffusion : copie de vos pages conservée par le réseau qui les sert. Elle accélère le site et peut servir l’ancienne version après une mise en ligne.
- Search Console : outil gratuit de Google qui montre les requêtes, les pages et les erreurs d’indexation d’un site dont on a prouvé la propriété.
Sources
- Google Search Central, déménagement de site avec changement d’adresses
- Google Search Central, consolider les adresses en double
- MDN, code de statut HTTP 301
- web.dev, les Core Web Vitals
- CNIL, cookies et autres traceurs
- Export Search Console de tikupmedia.com, seize derniers mois, relevé du 6 octobre 2026.
