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Études de cas · 12 min de lecture

Agensly : le SaaS qui remplace cinq outils de gestion d’agence

Réunir cinq outils en un : la modélisation qui évite les ponts, le paramétrage, la reprise des données et les résultats mesurés.

James DumaineFondateur · TikupMedia
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Sommaire· 13 sections
  1. 01À retenir
  2. 02Le point de départ : la valeur est dans ce qui circule
  3. 03Le cadrage : ce qu on a décidé de ne pas faire
  4. 04L architecture, brique par brique
  5. 05Le déroulé des quatorze semaines
  6. 06Les résultats
  7. 07Ce qu on referait pareil, et ce qu on regarderait autrement
  8. 08Combien coûterait un projet équivalent aujourd hui ?
  9. 09Questions fréquentes
  10. 10Glossaire
  11. 11Sources
  12. 12À lire aussi sur le blog
  13. 13Aller plus loin avec nous

TL;DR : réponse rapide

Agensly est un logiciel de gestion d’agence qui réunit prospection, clients, projets et facturation, livré en 14 semaines par quatre personnes. Il remplace cinq outils par un. Résultats publiés : ventes de l’équipe multipliées par 2, temps de gestion divisé par 2, mise en route d’un nouvel utilisateur en moins de 5 minutes.

Pour qui cet article

Vous dirigez une agence ou un studio, vous payez cinq abonnements qui ne se parlent pas, et vos équipes recopient les mêmes informations d’un outil à l’autre. Vous voulez savoir ce que coûte de tout réunir, et dans quel ordre il faut s’y prendre.

À retenir

  • 14 semaines, 4 personnes : tableau de bord, gestion de la relation client paramétrable, pipeline de prospection multicanal, suivi de projets, facturation et suivi du chiffre d’affaires.
  • Réunir cinq outils n’est pas additionner cinq produits. La valeur vient de ce qui circule entre eux : un prospect devient client, le client porte des projets, les projets produisent des factures, et rien ne se ressaisit.
  • La mise en route en moins de cinq minutes est une contrainte de conception, pas une performance. Sur un produit qui remplace des outils en place, un utilisateur qui n’a pas vu la valeur au premier usage ne revient pas.
  • Le paramétrage est ce qui rend un outil de gestion adoptable, et c’est aussi ce qui le rend complexe à construire : chaque champ libre est un champ qu’il faut savoir afficher, filtrer et exporter partout.
  • L’IA sert la rédaction, pas la décision. Elle produit des scripts et des séquences que l’utilisateur relit, ce qui est le seul usage défendable dans un outil de prospection.
  • Résultats mesurés : × 2 sur les ventes de l’équipe, −50 % de temps de gestion, mise en route en moins de 5 minutes.
  • Fourchette d’un projet équivalent aujourd’hui : 45 000 à 90 000 €. Voir combien coûte un SaaS B2B sur mesure.

Une agence de dix personnes utilise couramment un outil de prospection, un outil de relation client, un outil de gestion de projet, un outil de facturation et un tableur qui fait la jointure entre les quatre. Chacun est très bon dans son domaine, et le travail réel consiste à recopier de l’un vers l’autre.

Agensly a été construit pour supprimer la recopie, pas pour faire mieux que chacun des cinq. C’est une nuance décisive, qui a dicté tout le périmètre : voici ce qui a été construit, ce qui a été écarté, et ce que cela a produit.

Le point de départ : la valeur est dans ce qui circule

Un outil de gestion qui réunit plusieurs métiers ne se juge pas fonction par fonction. Pris séparément, son module de facturation sera toujours plus pauvre qu’un logiciel de facturation dédié, et son pipeline de prospection plus simple qu’un outil spécialisé. C’est normal, et ce n’est pas le sujet.

Le sujet est ce qui se passe entre les modules : qu’un prospect gagné devienne un client sans ressaisie, que le projet reprenne le périmètre vendu, que la facture reprenne le projet. Chaque passage automatique supprime une recopie et une occasion d’erreur, et c’est la somme de ces passages qui fait la valeur.

Ce que fait l’équipe aujourd’huiCe que l’outil doit produireComment
Elle recopie un prospect gagné dans le CRMLe passage se fait seulUn seul objet qui change d’état, pas deux objets à synchroniser
Elle recrée le périmètre vendu dans l’outil de projetLe projet hérite de ce qui a été venduLe devis accepté génère les lots du projet
Elle ressaisit les lignes dans l’outil de facturationLa facture se construit depuis le projetFacturation rattachée aux lots, pas saisie à part
Elle consolide le chiffre d’affaires dans un tableurLe chiffre est juste en permanenceSuivi calculé sur les données réelles, pas reporté
Elle forme chaque nouvel arrivant pendant deux joursUn nouvel utilisateur est autonome tout de suiteModèles de mise en route préremplis

Le cadrage : ce qu’on a décidé de ne pas faire

Le cadrage, la maquette cliquable et le devis ligne par ligne sont livrés sous 48 heures et offerts (notre méthode). Sur ce projet, ce document a surtout servi à poser ce qui ne serait pas construit, car c’est ce qui tient un délai.

Écarté au cadragePourquoiQuand le reconsidérer
Un module de comptabilitéCe n’est pas le même métier, et l’expert-comptable a déjà son outil. On produit des factures, on ne tient pas les comptesJamais, sur ce produit
Un éditeur de documents intégréTout le monde a déjà le sien et personne n’en veut un de plusSans objet
La messagerie d’équipeLes agences utilisent toutes un outil de discussion et n’en changeront pasJamais
Un suivi du temps détailléIl méritait un projet à lui seul, et il n’était pas le problème du clientUne fois le socle adopté

La règle qui a guidé ces quatre refus : on ne remplace un outil que si la recopie qu’il impose coûte plus cher que lui. Un outil de discussion n’impose aucune recopie, donc il reste.

L’architecture, brique par brique

Quatre personnes, quatorze semaines, cinq domaines fonctionnels : la pile a été choisie pour que l’authentification, le stockage et le temps réel soient acquis dès le premier jour.

Un objet qui change d’état plutôt que plusieurs objets synchronisés

C’est la décision structurante du produit. Un contact n’est pas copié du pipeline vers la relation client : c’est le même enregistrement, qui change d’état. Rien à synchroniser, donc rien à désynchroniser.

Cela paraît évident et c’est pourtant l’erreur de conception la plus répandue sur ce type d’outil : modéliser chaque module comme un produit autonome, puis passer le reste du projet à écrire des ponts entre eux. Le pont le plus fiable est celui qu’on n’a pas à construire.

Un paramétrage qui ne devient pas un labyrinthe

Une agence de design et une agence de recrutement ne suivent pas les mêmes informations. Le produit doit donc accepter des champs propres à chaque client, sans que l’interface devienne un formulaire de configuration.

Le compromis retenu : des champs libres typés, déclarés une fois, disponibles partout où ils ont du sens, c’est-à-dire dans les listes, les filtres, les exports et les modèles. C’est la partie la plus coûteuse du projet, parce qu’un champ ajouté par un utilisateur doit se comporter comme un champ natif.

La facturation rattachée au travail vendu

La facture ne se saisit pas, elle se construit depuis les lots du projet. L’intérêt n’est pas le gain de frappe, il est dans la cohérence : ce qui est facturé correspond à ce qui a été vendu, et l’écart entre les deux devient visible au lieu d’être découvert en fin d’année.

Les cas limites sont les mêmes que partout : acompte, facturation partielle, avoir, changement de périmètre en cours de projet. Ils représentent l’essentiel de la charge du module, et aucun ne se voit sur une maquette.

Une mise en route en moins de cinq minutes

Un produit qui remplace des outils en place n’a pas droit à une courbe d’apprentissage. L’utilisateur arrive avec une habitude qui fonctionne : s’il ne voit pas la valeur au premier usage, il retourne à son tableur.

La réponse est faite de modèles préremplis plutôt que d’écrans vides. Un compte neuf arrive avec un pipeline, des étapes, des modèles de mise en route et des gabarits de facture déjà posés, que l’utilisateur modifie au lieu de les créer. C’est dix fois plus efficace qu’un tutoriel.

L’IA à sa place : la rédaction, pas la décision

La génération de scripts et de séquences de prospection fait gagner du temps sur une tâche où la page blanche coûte cher. Elle propose, l’utilisateur relit et envoie.

La limite est posée volontairement : aucune décision automatique sur un prospect, aucun envoi sans relecture. Dans un outil commercial, une automatisation qui écrit et envoie seule produit des messages dont personne ne veut assumer la paternité, et abîme la réputation d’expéditeur de l’agence.

Le déroulé des quatorze semaines

Sprints de deux semaines, démo le vendredi. Le découpage suit le cycle commercial de l’agence : on construit d’abord ce qui fait entrer l’argent, ensuite ce qui le suit.

Découpage du projet Agensly en quatorze semaines : socle et pipeline semaines 1 à 4, relation client et paramétrage 3 à 7, projets 6 à 10, facturation 9 à 12, reprise des données et mise en ligne 12 à 14.
La reprise des données, en dernière ligne, est le poste le plus sous-estimé : faire basculer une agence suppose d’importer ses contacts et son historique depuis cinq outils différents.
PériodeCe qui est livréCe qui est validé
Semaines 1 à 4Socle, comptes, contacts, pipeline de prospectionUn prospect se crée et avance dans le pipeline
Semaines 3 à 7Relation client, champs paramétrables, modèles de mise en routeUne agence configure l’outil à son métier
Semaines 6 à 10Projets, lots, rattachement au devis acceptéUn prospect gagné devient un projet sans ressaisie
Semaines 9 à 12Facturation, encaissement, suivi du chiffre d’affairesUne facture part et le chiffre se met à jour seul
Semaines 12 à 14Génération assistée, recette, reprise des données, mise en ligneL’agence bascule avec son historique

La dernière ligne contient le poste le plus sous-estimé de ce type de projet : la reprise des données. Faire basculer une agence suppose d’importer ses contacts, ses projets en cours et son historique de facturation depuis cinq outils différents, avec des doublons et des champs libres. Ce travail ne se voit nulle part et conditionne l’adoption.

Les résultats

IndicateurRésultatCe qu’il dit
Ventes de l’équipe× 2Le temps repris sur la gestion est allé à la prospection
Temps de gestion− 50 %La recopie entre outils a disparu, pas le travail de fond
Mise en route d’un utilisateur< 5 minutesLe produit s’adopte sans formation, donc il s’adopte

Les deux premiers chiffres se lisent ensemble. Diviser par deux le temps de gestion ne crée pas de ventes en soi : il libère des heures. Ce sont ces heures reportées sur la prospection qui doublent les ventes. Un outil de gestion ne fait pas vendre, il rend du temps vendable.

« On a doublé les ventes en divisant par 2 le temps de gestion », résume le fondateur. La phrase dit l’ordre des causes dans le bon sens.

Ce qu’on referait pareil, et ce qu’on regarderait autrement

Pareil : modéliser un objet qui change d’état plutôt que plusieurs objets à synchroniser, livrer des modèles préremplis plutôt que des écrans vides, et refuser les quatre modules qui n’économisaient aucune recopie.

Autrement : nous traitons désormais la reprise des données comme un lot à part entière, chiffré et planifié dès le cadrage, et non comme une tâche de dernière semaine. Sur un outil de gestion, c’est la bascule qui décide de l’adoption, pas la démonstration.

Combien coûterait un projet équivalent aujourd’hui ?

Entre 45 000 et 90 000 € pour un périmètre équivalent, c’est-à-dire un SaaS en production avec plusieurs rôles, du paramétrage et de la facturation. Le paramétrage est le poste qui déplace le curseur : un outil rigide coûte le bas de la fourchette, un outil que chaque client adapte à son métier coûte le haut.

Si la question est de savoir si cela vaut la peine face aux abonnements remplacés, le calcul est détaillé dans l’article sur le point de bascule : il tombe autour de 645 € par mois d’abonnements.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux un outil unique ou des outils spécialisés bien connectés ?

Cela dépend de ce que coûte la recopie. Si vos outils s’échangent déjà les données correctement, n’y touchez pas : vous paieriez pour reconstruire ce qui fonctionne. Si vos équipes passent des heures à recopier, l’outil unique se justifie, et c’est ce temps-là qu’il faut mesurer avant de décider.

Combien de temps avant que l’équipe adopte vraiment l’outil ?

Quelques jours si la reprise des données est faite et si les modèles sont préremplis, plusieurs mois si l’utilisateur arrive devant un écran vide. L’adoption se joue au premier usage, pas à la formation.

Faut-il reprendre tout l’historique ?

Rarement tout. Les contacts et les projets en cours, oui, parce qu’on travaille avec. L’historique de facturation sur dix ans, souvent non : il peut rester consultable dans l’ancien outil pendant la période légale. Reprendre moins, c’est basculer plus vite.

Où placer la limite de l’IA dans un outil commercial ?

À la relecture. Produire un brouillon fait gagner du temps sur une tâche ingrate. Envoyer sans relecture produit des messages que personne n’assume et dégrade la réputation d’expéditeur du domaine, ce qui coûte bien plus que le temps gagné.

Peut-on commencer par un seul module ?

Oui, et c’est souvent le bon chemin : on prend le flux qui coûte le plus de recopie aujourd’hui, on le met en production, on mesure. L’erreur est de construire les cinq modules avant que le premier serve.

Qui possède le code à la fin ?

Le client, dès le premier jour, l’accès au dépôt étant versé à J+1. Sur un outil qui porte le fonctionnement de l’entreprise, c’est la seule configuration tenable. Les clauses à exiger.

Glossaire

  • Pipeline : suite d’étapes par lesquelles passe un prospect, de la prise de contact à la vente.
  • Champ paramétrable : information propre à un client, ajoutée sans développement, et qui doit se comporter partout comme un champ natif.
  • Reprise de données : import et nettoyage de l’existant vers le nouvel outil. Poste invisible et décisif pour l’adoption.
  • Modèle prérempli : configuration livrée d’avance que l’utilisateur modifie au lieu de la créer. Le meilleur substitut à une formation.
  • Réputation d’expéditeur : crédit dont dispose un domaine auprès des services de messagerie. Elle se dégrade vite et se reconstruit lentement.

Sources

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